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La problématique
L’illettrisme est devenu une préoccupation majeure des pays industrialisés ces vingt dernières années. Ne pas savoir suffisamment lire et écrire pour faire face à la complexité croissante des moyens de communication et d’information de nos sociétés post-modernes est un facteur d’exclusion sociale, culturelle et économique que nous ne pouvons plus ignorer.
Définitions
Analphabétisme
Situation des personnes qui n'ont pas ou presque pas été scolarisées et qui n'ont jamais appris à lire ni à écrire.
Illettrisme
Situation des personnes scolarisées, qui ne maîtrisent pas ou insuffisamment la lecture, l'écriture et le calcul.
De ce fait, ces personnes ne peuvent pas participer activement à la vie sociale, familiale et professionnelle.
Ampleur
Depuis 1995, l’OCDE a publié les résultats des enquêtes internationales comparatives sur l’alphabétisation des adultes dans les pays industrialisés, auxquelles la Suisse participe. Ces enquêtes ont mesuré les capacités en lecture, en écriture et en calcul nécessaires pour répondre aux exigences de la vie quotidienne et du travail. Il en résulte qu’entre 13 et 19% des adultes suisses ont un faible niveau de compétence en lecture et en calcul. Une forte majorité d’entre eux a suivi 8 ou 9 années d’école obligatoire dans notre pays.
Les études de l'OCDE sont disponibles au centre de documentation.
Litteratie et société du savoir
Littératie, Economie et Société
De nombreux professionnels de l'éducation ont été déconcertés par la publication des résultats de la recherche PISA de l'OCDE, qui mettent en évidence qu'un jeune sur 5 quitte l'école avec des connaissances insuffisantes en lecture et écriture.
Enquête PISA 2000.
La recherche de Roger Girod, "Modernité et illettrisme" a montré que 20% des adultes vivant en Suisse ne savent pas trouver un numéro de téléphone dans un annuaire.
Roger Girod avec Frederik Sjollema : Modernité et illettrisme; éd. Réalités sociales, 1992.
Cette enquête est disponible auprès de notre centre de documentation
L’enquête internationale ALL (Adult Literacy and Lifeskills, 2003) a mesuré les performances de la population adulte dans les domaines de la littératie de textes, de la numératie et de la résolution de problèmes. Les premiers résultats ont été publiés en 2005 par l’Office fédéral de la statistique (OFS) et un rapport plus détaillé est paru en 2006. Par rapport à l’enquête antérieure de l’OCDE (IALS - International Adult Literacy Survey, 1995), les performances enregistrées ont peu changé. Environ 15 % de la population démontre toujours de faibles performances en littéracie, tandis qu’en numératie cette part atteint environ 9 %.
Rapport 2005 sur l'enquête ALL
Rapport 2006 sur l'enquête ALL
Les résultats genevois de l’enquête internationale ALL 2003 font l’objet d’un rapport publié en décembre 2006 par le SRED (Service de la recherche en éducation de Genève). Ils montrent que près de 50 % des adultes entre 16 et 65 ans ne possèdent pas les compétences requises pour affronter le quotidien sans difficulté. Le rapport intitulé « Relever les défis de la société de l’information. Les compétences de base des adultes dans la vie quotidienne » peut être commandé sur le site du SRED: http://www.geneve.ch/sred/publications/docsred/2006/all.html.
Conséquences de l'illettrisme
Une personne illettrée ne vit pas un quotidien ordinaire. Beaucoup de situations, pourtant si banales pour les autres, sont perturbantes. Lire les destinations du bus ou encore comprendre le courrier peut devenir une lourde affaire.
Les conséquences de l’illettrisme se ressentent à différents niveaux. Quelques précisions :
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Niveau personnel : une faible estime de soi, la difficulté d’apprendre à apprendre, et avec cela la difficulté d’appliquer dans la vie de tous les jours la lecture, l’écriture et le calcul. L’illettrisme s’accompagne souvent d’un sentiment de honte et de souffrance.
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Niveau économique : l’insertion professionnelle est difficile. Lorsqu'elle réussit, on peut observer des difficultés de communication au sein des entreprises. Autre conséquence possible : risque accru d’accidents entraînant une augmentation des absences.
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Niveau social et culturel : ne pas savoir lire et écrire rend difficile le rôle de parents, empêche souvent la participation à la vie culturelle et associative, et ne permet pas l’exercice de la citoyenneté, comme par exemple la participation aux votations.
Pour en savoir plus
Centre Suisse de recherche en éducation : Rapport de tendance. L'illettrisme. Quand l'écrit pose problème. - Aarau 2002 – 160p.
Cet ouvrage est disponible auprès de notre centre de documentation
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